29 mai 2009
La SCOP, entreprise du futur?
Les SCOP (Sociétés Coopératives de Production) révolutionnent aujourd'hui la structure traditionnelle de l'entreprise. En effet, elles se distinguent des Sociétés Anonymes "classiques" par un meilleur partage des pouvoirs de décision et une nouvelle répartition des bénéfices. Leur nombre a progressé de 22% depuis 2003 : on en compte aujourd’hui environ 2000. Cela reste très marginal comparé aux 1.4 millions d’entreprises françaises, mais nul doute que la crise actuelle va certainement permettre à ce type d'entreprise de se développer.
Au niveau organisationnel, la principale nouveauté est que les salariés sont associés, c'est-à-dire qu'ils détiennent une partie du capital social de l'entreprise (au moins 51%) et 65% des droits de vote. Ainsi, ces associés-salariés participent aux choix stratégiques de l'entreprise. Le patron a également ce statut.
Cette nouvelle organisation conduit à une répartition des bénéfices innovante et plus équitable. Ils sont répartis entre l'entreprise, les salariés et les associés : au moins 16% sont dirigés vers les réserves de la SCOP (nécessaires aux investissements); au moins 25% sont distribués aux salariés(en moyenne 40% aujourd’hui) contre 3.5% pour les sociétés "classiques" ; enfin, le reste des bénéfices est distribué aux associés en rémunération du capital, mais pour un montant inférieur à la « part travail ».
Quels sont les avantages d’une SCOP ?
Tout d’abord, on peut supposer que la productivité est supérieure aux entreprises classiques. En effet, l’intégration des salariés en tant qu’associés a un effet incitatif sur leur travail. Cette productivité provient également d’une meilleure entente entre les salariés, qui est corrélée à un sentiment d’appartenance plus fort à l’entreprise. Contrairement aux autres entreprises, les salariés se sentent plus concernés par les résultats puisque la société leur appartient.
De plus, le poids du vote des salariés lors des conseils d’administration leur donne un pouvoir de décision qui n’existe pas dans les autres entreprises. Ils jouent donc également le rôle de décideurs dans la stratégie de la firme.
Un autre point important qui différencie les SCOP des SA « classiques » est l’indépendance vis-à-vis d’investisseurs étrangers puisqu’il n’y en a pas. En effet, les autres entreprises sont soumises aux intérêts des investisseurs qui détiennent le capital social, et qui n’ont souvent rien à voir avec l’entreprise. Ces derniers sont donc plus volatiles (ils peuvent retirer leur capital investit à tout moment) contrairement aux associés-salariés qui ne peuvent jamais récupérer leur investissement dans le capital social de la SCOP. Cela les incite également à rester dans l’entreprise.
La SCOP est donc une bonne alternative aux SA « classiques ». Elle améliore la cohésion entre les salariés, la productivité, permet une meilleure répartition des richesses créées, et enfin une réduction des inégalités de salaires. Par exemple, dans la SCOP Chèques Déjeuner, « si les cadres sont un peu moins bien payés qu’ailleurs, les employés, eux, gagnent 30% de plus que la moyenne » (Libération, samedi 23 et Dimanche 24 mai 2009). L’échelle de rémunération du plus bas au plus haut salaire va de 1 à 7, contre 1 à 40 dans certaines entreprises américaines cotées en bourse.
Une critique pourtant : interdire l’accès aux investisseurs étrangers dans le capital social peut être un frein au développement de l’entreprise. On peut imaginer par exemple que lorsque des SCOP voudront par exemple développer leurs activités à l’étranger, ce qui nécessite de gros investissements et par conséquent des capitaux élevés, leurs réserves ne pourront certainement pas suffire. De plus, la frilosité des banques pour la distribution des crédits accentue le problème de financement des entreprises. Ainsi, les SCOP sont-elles condamnées à rester des PME de moins de 50 salariés comme c’est le cas aujourd‘hui pour 90% d’entres elles ? Il faut espérer que ce problème trouve une solution pour que la SCOP devienne l’entreprise de demain.
Inscription à :
Publier les commentaires (Atom)
Tu fais du droit des affaires fais gaffe!!!
RépondreSupprimeril y a quand même un certain risque à être associé-salarié d'une SCOP puisque tu peux plus retirer le capital investi, il vaut mieux pas que l'entreprise fasse faillite...
RépondreSupprimerLe but du jeu est d'éviter la fuite des capitaux dès qu'il y a un souci, ce qui est souvent la cause des faillites... De plus, puisque les associés-salariés d'une SCOP sont mieux payés qu'ailleurs (de l'odre de +30%) et que leur capital investit par tête est de maximum 10% du salaire, le statut d'associé-salarié reste tout de même attractif!
RépondreSupprimer